venerdì 12 giugno 2026

La dolcezza del ritorno


Beato chi, come Ulisse, ha fatto un bel viaggio,
oppure come l'altro che ha conquistato il vello,
ed è tornato, pieno di esperienza e di senno,
a vivere fra i suoi il resto della vita!

Ahi, quando, del mio borgo piccolo, rivedrò
il camino fumare, ed in quale stagione 
vedrò il recinto della mia povera magione,
che è per me una provincia, e molto molto più?

Preferisco la casa eretta dai miei avi,
ai palazzi romani dalla fronte gagliarda,
e più del marmo amo l'ardesia fina:

più la gallica Loira del Tevere latino,
più il mio Liré modesto, del monte Palatino,
più dell'aria di mare la dolcezza angevina. 

Heureux qui comme Ulysse

Joachim du Bellay

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

LA VERSIONE DI GEORGES BRASSENS

Heureux qui comme Ulysse
A fait un beau voyage,
Heureux qui comme Ulysse
A vu cent paysages
Et puis a retrouvé,
Après maintes traversées,
Le pays des vertes années.

Par un petit matin d'été,
Quand le soleil vous chante au cœur,
Qu'elle est belle la liberté, la liberté!
Quand on est mieux ici qu'ailleurs,
Quand un ami fait le bonheur,
Qu'elle est belle la liberté, la liberté!

Avec le soleil et le vent,
Avec la pluie et le beau temps,
On vivait bien contents
Mon cheval, ma Provence et moi,
Mon cheval, ma Provence et moi.

Heureux qui comme Ulysse
A fait un beau voyage,
Heureux qui comme Ulysse
A vu cent paysages,
Et puis a retrouvé,
Après maintes traversées,
Le pays des vertes années.

Par un joli matin d'été,
Quand le soleil vous chante au cœur
Qu'elle est belle la liberté, la liberté!
Quand c'en est fini des malheurs,
Quand un ami sèche vos pleurs,
Qu'elle est belle la liberté, la liberté!

Battus de soleil et de vent,
Perdus au milieu des étangs,
On vivra bien contents
Mon cheval, ma Camargue et moi,
Mon cheval, ma Camargue et moi.


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