À Nîmes
1914, pubblicata in Calligrammes 1918
A Nizza la Marina dal nome vittorioso
Smarrito tra 900 anonimi conduttori
Sono un carrettiere del nono carro di Nîmes
L'amore dice Resta qui Ma laggiù le granate
Sposano con ardore e senza posa i bersagli
Aspetto che la primavera ordini di andarsene
Verso il nord glorioso all'intrepida soldatesca
Dove brillano gli occhi chiari come i miei speroni
Un bel pomeriggio di guardia alla scuderia
Sento suonar le trombe dell'artiglieria
Ammiro l'allegria di quel distaccamento
che raggiungerà al fronte il nostro bel reggimento
Il riservista si sta mangiando un'insalata
Alle acciughe mentre parla della moglie ammalata
4 puntatori fissavano le bolle dei livelli
Che si dimenavano come gli occhi dei cavalli
Il buon cantante Giraud ci canta dopo le 9
Un'aria d'opera tu ascoltandolo piangi
Con la mano sfioro il piccolo cannone grigio
Grigio come l'acqua della Senna e penso a Parigi
Delle granate nella notte lo splendore argentino
Dalle 5 alle 9 la sera passeggio da solo
Sello il cavallo battiamo la campagna
Ti saluto da lontano bella rosa o Torre Magna
Je me suis engagé sous le plus beau des cieux
Dans Nice la Marine au nom victorieux
Perdu parmi 900 conducteurs anonymes
Je suis un charretier du neuf charroi de Nîmes
L’Amour dit Reste ici Mais là-bas les obus
Épousent ardemment et sans cesse les buts
J’attends que le printemps commande que s’en aille
Vers le nord glorieux l’intrépide bleusaille
Les 3 servants assis dodelinent leurs fronts
Où brillent leurs yeux clairs comme mes éperons
Un bel après-midi de garde à l’écurie
J’entends sonner les trompettes d’artillerie
J’admire la gaieté de ce détachement
Qui va rejoindre au front notre beau régiment
Le territorial se mange une salade
À l’anchois en parlant de sa femme malade
4 pointeurs fixaient les bulles des niveaux
Qui remuaient ainsi que les yeux des chevaux
Le bon chanteur Girault nous chante après 9 heures
Un grand air d’opéra toi l’écoutant tu pleures
Je flatte de la main le petit canon gris
Gris comme l’eau de Seine et je songe à Paris
Mais ce pâle blessé m’a dit à la cantine
Des obus dans la nuit la splendeur argentine
Je mâche lentement ma portion de bœuf
Je me promène seul le soir de 5 à 9
Je selle mon cheval nous battons la campagne
Je te salue au loin belle rose ô tour Magne

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