domenica 10 maggio 2026

La sacerdotessa spagnola

Pierre Terraz
In Spagna, la sacerdotessa che sfida il Vaticano
, Le Monde, 10 maggio 2026

«Questa è la nostra sacrestia a basso costo », scherza Christina Moreira mentre apre un armadietto e prende un calice di porcellana e una bottiglia di liquore spagnolo da usare come vino d'altare. Questa domenica mattina, la suora è impegnata nei preparativi per la celebrazione pasquale, che dovrebbe iniziare a breve in questa piccola chiesa nel centro di A Coruña, nel nord della Spagna.

I fedeli abituali della cappella, situata discretamente al quarto piano di un palazzo residenziale, vi accedono tramite ascensore. Ad eccezione di questa manciata di fedeli, che hanno trovato la strada senza difficoltà e per i quali tutto sembra normale, ciò che sta per accadere qui è tutt'altro che ordinario. L'altare è un leggio coperto da una tovaglia bianca, l'ostia una pagnotta di pane acquistata quella stessa mattina in un panificio locale, e il sacerdote è una donna.

Ordinata sacerdote nel 2015 dopo un lungo e arduo cammino, e poi consacrata vescovo nel 2025, Christina ricorda con precisione il giorno della sua chiamata. «Avevo quattordici anni. Per preparare una lezione di catechismo, stavo rileggendo un brano dell'Ultima Cena, l'ultimo pasto di Gesù, circondato dai suoi apostoli. All'improvviso, mi sono sentita trasportata alla tavola accanto a Cristo e l'ho sentito dirmi: "Farai questo in memoria di me"», ricorda tutta d'un fiato, ancora scossa dall'evento.

Pur consapevole che il sacerdozio fosse proibito alle donne, decise comunque di confidarsi con il suo parroco: una figura di riferimento per lei, figlia di immigrati spagnoli fuggiti dalla dittatura di Franco (1936-1975) e stabilitisi nel sobborgo operaio parigino di Villiers-le-Bel (Val-d'Oise). Il parroco riconobbe che la sua vocazione sembrava autentica, ma le ordinò di non parlarne mai più per non "arrecare danno" a chi le stava intorno. La incoraggiò a farsi suora, prendendo gradualmente le distanze dalla giovane. "Voleva rinchiudermi in un convento, trasformarmi in una contemplativa ", racconta Christina.

Seguì un periodo di difficoltà. Una sera, mentre indossava il pigiama, la giovane Cristina si fermò nuda davanti al crocifisso appeso al muro della sua stanza e implorò: "Signore, se mi chiami a servirti, perché mi hai dato questo corpo? Perché mi hai fatto donna?". Sconvolta, decise infine di allontanarsi dalla religione e di riavvicinarsi alle sue radici.

Ossessione

Après son baccalauréat, elle part en Espagne pour des vacances au cours desquelles elle décrète que son seul but sera « de sortir en boîte et de rencontrer des garçons ». Elle y épouse un homme rencontré en soirée et s’installe avec lui en Galice, à l’âge de 20 ans. Des années durant, elle fait tout pour canaliser son obsession, qui ne la quitte jamais vraiment. Même si elle donne des cours de catéchisme, s’investit dans la vie de sa paroisse, Christina refuse de faire un nouveau « coming out » religieux par peur d’être mise au ban de la communauté. Une période éprouvante, avec un mari qui se révèle violent envers elle.

En 2010, un événement va de nouveau faire basculer le destin de Christina. Alors qu’elle lit le motu proprio, une déclaration du pape qui promet l’excommunication à tous ceux qui abusent d’enfants au sein de l’Eglise, un choc vient la frapper en plein cœur. « Je jouissais intérieurement au fil des lignes. Je me répétais : “Bravo, bravo, mon cher Benoît XVI” ! Ce n’était pas trop tôt, avec tout ce qu’on savait… »

A la fin du texte, une courte mention avertit que toute femme ordonnée par un membre du clergé aura le droit au même traitement, en réaction à un événement ayant eu lieu en 2002, sur le Danube : dans un bateau, sept femmes avaient été faites prêtres pour la première fois par des évêques hommes, hors de toute juridiction officielle de l’Eglise catholique. « Là, on nous mettait carrément au même niveau que les pédocriminels. J’en ai été effondrée », raconte-t-elle.

La peur d’être écartée d’une institution qu’elle considère désormais « pourrie de l’intérieur » s’envole. Christina prend contact avec les « Sept du Danube ». Dans le même temps, elle parle de sa vocation à un curé galicien, le père Victorino, qui est le premier à la soutenir. « Il m’a écoutée sans m’interrompre et m’a dit : “Si tu avais été un homme, tu serais prêtre aujourd’hui”. »

Aussitôt excommuniée

Au cours de plusieurs discussions, les révélations mystiques de Christina sont étudiées par les sœurs de la communauté. L’appel de Christina à être prêtre est enfin jugé véritable. En 2015, elle est ordonnée prêtre « en catacombes » – une expression du temps des premiers chrétiens persécutés, qui signifie « secrètement » – par l’évêque femme Bridget Mary Meehan, dans la ville de Sarasota, en Floride.

Lorsque la chose s’ébruite, Christina est aussitôt excommuniée par le Vatican. De retour en Galice, elle parvient tout de même à rejoindre une paroisse informelle fondée par un prêtre progressiste du nom de Manuel Espiña Gamallo. On l’y autorise à célébrer ses premières messes, pendant lesquelles elle peut enfin donner l’eucharistie, comme dans la vision qu’elle avait eue petite fille. La même chapelle où Christina officie aujourd’hui, en cette fête de Pâques.

Christina Moreira spezza una pagnotta per distribuire la comunione durante la messa di Pasqua a La Coruña, in Spagna, il 5 aprile 2026.

Le mouvement Association of Roman Catholic Women Priests, qui milite pour l’ordination des femmes au sein de l’Eglise catholique, recense aujourd’hui entre 250 et 300 vocations féminines dans le monde. Toutes rendues impossibles par la loi canonique. Pourtant, la prêtresse franco-espagnole l’assure : « L’Eglise a un besoin urgent de femmes. De nombreux fidèles m’ont avoué qu’ils ne se seraient pas confessés sur certains sujets si j’avais été un homme, notamment sur les questions de violences sexuelles et intrafamiliales. Les mères me font aussi plus confiance qu’à d’autres. » Au cours de sa vie, des dizaines d’hommes sont venus se confesser dans sa paroisse sur des faits d’agression, de viol et de violence sur leurs conjointes, par crainte d’être rejetés s’ils en parlaient au sein de l’Eglise « officielle ».

Le 4 octobre 2023, Christina est même appelée, malgré son excommunication, à participer à la messe d’ouverture du synode sur la synodalité, au Vatican. Cet événement à l’initiative du pape François a réuni des évêques du monde entier afin de réfléchir à la manière dont l’Eglise pourrait devenir plus inclusive. A cette occasion, la prêtresse est invitée à rencontrer des personnalités importantes du clergé, dont elle a interdiction de révéler les identités, pour partager son témoignage. Un cardinal lui aurait avoué avoir été « complètement bouleversé dans sa vision du dogme » à l’issue de cette entrevue.

«Les femmes prêtres, on est un peu des Rosa Parks»

Le même jour, elle se rend sur la place Saint-Pierre, où elle décide de revêtir son aube et son étole en public. Elle est arrêtée par la police, qui l’emmène au poste sans savoir quoi reprocher à l’inoffensive quinquagénaire. Un agent finit par trouver une loi instaurée sous Mussolini interdisant aux citoyens de porter l’uniforme d’un métier qui n’est pas le leur, pour justifier la garde à vue.

Christina reagisce, cercando di spiegare di essere una sacerdotessa e di essere stata persino invitata a valutare come integrare meglio le donne nella Chiesa. Ironicamente, le vengono confiscati i paramenti sacri e viene rilasciata senza ricevere una copia della dichiarazione che era stata costretta a firmare in cambio. "Noi sacerdotesse siamo un po' come Rosa Parks: abbiamo deciso di sederci al posto sbagliato, e ora ne paghiamo le conseguenze", conclude con risentimento.

https://www.lemonde.fr/le-monde-des-religions/article/2026/05/10/en-espagne-la-femme-pretre-qui-defie-le-vatican_6687671_6038514.html

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