sabato 19 luglio 2014

Voltaire, filosofia e politica

elogio di Cromwell
Le Siècle de Louis XIV,
capitolo VI


Carlo II, re d'Inghilterra, latitante in Francia con la madre e il fratello, recava sulle spalle il fardello dei suoi dolori e delle sue speranze. Un privato cittadino aveva sottomesso l'Inghilterra, la Scozia e l'Irlanda. Cromwell, questo usurpatore degno di regnare, prese il nome di protettore, e non di re, perché gli inglesi sapevano quale ampiezza i diritti del loro re dovessero avere, e non sapevano quali fossero i limiti dell'autorità di un protettore. Consolidò il suo potere mostrando di saperlo contenere all'occorrenza: non intraprese nulla quanto ai privilegi dei quali il popolo era geloso; non albergò mai uomini di guerra nella Città di Londra; non mise nessuna imposta di cui si potesse mormorare, non offese in alcun modo gli occhi con un fasto eccessivo; non accumulò tesori; ebbe cura che la giustizia fosse osservata con quella asciutta imparzialità che non distingue i grandi dai piccoli.
 
Charles Il, roi d’Angleterre, fugitif en France avec sa mère et son frère, y traînait ses malheurs et ses espérances. Un simple citoyen avait subjugué l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande. Cromwell, cet usurpat
eur digne de régner, avait pris le nom de protecteur, et non celui de roi, parce que les Anglais savaient jusqu’où les droits de leurs rois devaient s’étendre, et ne connaissaient pas quelles étaient les bornes de l’autorité d’un protecteur.
Il affermit son pouvoir en sachant le réprimer à propos: il n’entreprit point sur les privilèges dont le peuple était jaloux; il ne logea jamais des gens de guerre dans la Cité de Londres; il ne mit aucun impôt dont on pût murmurer ; il n’offensa point les yeux par trop de faste ; il ne se permit aucun plaisir; il n’accumula point de trésors ; il eut soin que la justice fût observée avec cette impartialité impitoyable, qui ne distingue point les grands des petits.
Le frère de Pantaléon Sâ, ambassadeur de Portugal en Angleterre, ayant cru que sa licence serait impunie parce que la personne de son frère était sacrée, insulta des citoyens de Londres, et en fit assassiner un pour se venger de la résistance des autres; il fut condamné à être pendu. Cromwell, qui pouvait lui faire grâce, le laissa exécuter, et signa ensuite un traité avec l’ambassadeur.
Jamais le commerce ne fut si libre ni si florissant; jamais l’Angleterre n’avait été si riche. Ses flottes victorieuses faisaient respecter son nom sur toutes les mers ; tandis que Mazarin, uniquement occupé de dominer et de s’enrichir, laissait languir dans la France la justice, le commerce, la marine, et même les finances. Maître de la France, comme Cromwell l’était de l’Angleterre, après une guerre civile, il eût pu faire pour le pays qu’il gouvernait ce que Cromwell avait fait pour le sien; mais il était étranger, et l’âme de Mazarin qui n’avait pas la barbarie de celle de Cromwell, n’en avait pas aussi la grandeur.
Toutes les nations de l’Europe qui avaient négligé l’alliance de l’Angleterre sous Jacques Ier, et sous Charles Ier, la briguèrent sous le protecteur. La reine Christine elle-même, quoiqu’elle eût détesté le meurtre de Charles Ier, entra dans l’alliance d’un tyran qu’elle estimait.


elogio di Locke (e di Platone)
Le Siècle de Louis XIV, capitolo XXXIV

Il solo Locke basterebbe a offrire un grande  esempio quanto alla superiorità del nostro secolo sulle più belle età della Grecia. Da  Platone fino a lui c'è il vuoto: nessuno, in quell'intervallo, ha indagato l'operare della nostra anima; chi  oggi conoscesse tutto Platone, e che conoscesse solo Platone,  conoscerebbe poco, e conoscerebbe male.
Era in verità un greco eloquente; la sua Apologia di Socrate è un  servizio reso ai saggi di tutte le nazioni; è giusto  rispettarlo,  poiché ha reso tanto rispettabile la virtù disgraziata, e tanto odiosi i persecutori. Per lungo tempo si è creduto che la sua bella  morale non potesse unirsi a una cattiva  metafisica;  egli  arrivò quasi a  diventare un padre della Chiesa per via della sua triade che nessuno ha  mai capito. Ma  che cosa si penserebbe oggi di un filosofo  per il quale una  materia fosse identica  all'altra, il mondo fosse una figura di  dodici pentagoni, il fuoco, equiparato a una piramide, fosse connesso alla terra per mezzo di numeri? Come verrebbe accolto chi venisse a provare l’immortalità e la métempsicosi dell’anima, dicendo che il sonno nasce  dalla veglia, la veglia dal sonno, quel che è vivo da quel che è morto e quel che è morto da quel  che è vivo? Tali sono i ragionamenti che furono ammirati per tanti secoli; e des idee ancora più stravaganti sono state applicate di poi all'educatzione degli uomini.
Il solo Locke ha spiegato l’intelletto umano, in un libro che contiene esclusivamente verità, e ciò  rende perfetta l'opera,verità tutte chiare.


Locke seul serait un grand exemple de cet avantage que notre siècle a eu sur les plus beaux âges de la Grèce. Depuis Platon jusqu’à lui, il n’y a rien : personne, dans cet intervalle, n’a développé les opérations de notre âme ; et un homme qui saurait tout Platon, et qui ne saurait que Platon, saurait peu, et saurait mal.
C’était, à la vérité, un Grec éloquent ; son apologie de Socrate est un service rendu aux sages de toutes les nations ; il est juste de le respecter, puisqu’il a rendu si respectable la vertu malheureuse, et les persécuteurs si odieux. On crut longtemps que sa belle morale ne pouvait être accompagnée d’une mauvaise métaphysique ; on en fit presque un Père de l’Église à cause de son Ternaire, que personne n’a jamais compris. Mais que penserait-on aujourd’hui d’un philosophe qui nous dirait qu’une matière est l’autre ; que le monde est une figure de douze pentagones ; que le feu, qui est une pyramide, est lié à la terre par des nombres ? Serait-on bien reçu à prouver l’immortalité et les métempsycoses de l’âme, en disant que le sommeil naît de la veille, la veille du sommeil, le vivant du mort, et le mort du vivant ? Ce sont là les raisonnements qu’on a admirés pendant tant de siècles ; et des idées plus extravagantes encore ont été employées depuis à l’éducation des hommes.
Locke seul a développé l’entendement humain, dans un livre où il n’y a que des vérités; et, ce qui rend l’ouvrage parfait, toutes ces vérités sont claires.


 http://www.filosofico.net/Antologia_file/AntologiaV/VOLTAIRE_%20GRANDEZZA%20E%20LIMITI%20DI%20.htm

il carattere degli uomini
Le siècle de Louis XIV, chapitre 6

Si può giudicare il carattere degli uomini dalle loro imprese. Si può tenere per certo che l'anima di Richelieu respirava eminenza e vendetta; che Mazarino era saggio, flessibile e avido di ricchezza. Ma per sapere fino a che punto un ministro è intelligente e fine, lo si deve sentire spesso parlare o leggere quello che ha scritto. Succede spesso tra gli statisti quello che vediamo ogni giorno tra i cortigiani: chi ha più spirito fallisce, e chi ha nel carattere più pazienza, forza, flessibilità e così via riesce.

On peut juger du caractére des hommes par leurs entreprises. On peut bien assurer que l'ame de Richelieu respirait la hauteur et la vengeance; que Mazarin était sage, souple et avide de biens. mais pour connaître à quel point un ministre a de l'esprit, il faut ou l'entendre souvent parler, ou lire ce qu'il a écrit. Il arrive souvent parmi les hommes d'état, ce qu'on voit tous les jours parmi les courtisans; celui qui a le plus d'esprit échouë, et celui qui a dans le caractére plus de patience, de force, de souplesse et de suite, réussit.