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giovedì 30 aprile 2015

La seconda moglie di Danton

Jules Michelet
Les Femmes de la Révolution
chapitre XXII  La seconde femme de Danton

















Danton se mariait en deuil. Sa première femme, tant aimée, venait de mourir le 10 février. Et il l'avait exhumée le 17, pour la voir encore. Il y avait au 17 juin quatre mois, jour pour jour, qu'éperdu, rugissant de douleur, il avait rouvert la terre pour embrasser dans l'horreur du drap mortuaire celle en qui furent sa jeunesse, son bonheur et sa fortune. Que vit-il, que serra-t-il dans ses bras (au bout de sept jours!)? Ce qui est sûr, c'est qu'en réalité elle l'emporta avec lui.
Mourante, elle avait préparé, voulu son second mariage, qui contribua tant à le perdre. L'aimant avec passion, elle devina qu'il aimait et voulut le rendre heureux. Elle laissait aussi deux petits enfants, et croyait leur donner une mère dans une jeune fille qui n'avait que seize ans, mais qui était pleine de charme moral, pieuse comme madame Danton et de famille royaliste. La pauvre femme, qui se mourait des émotions de Septembre et de la terrible réputation de son mari, crut sans doute, en le remariant ainsi, le tirer de la Révolution, préparer sa conversion, en faire peut-être le secret défenseur de la reine, de l'enfant du Temple, de tous les persécutés.
Danton avait connu au Parlement le père de la jeune fille, qui était huissier audiencier. Devenu ministre, il lui fit avoir une bonne place à la marine. Mais, tout obligée que la famille était à Danton, elle ne se montra point facile à ses vues de mariage. La mère, nullement dominée par la terreur de son nom, lui reprocha sèchement et Septembre, qu'il n'avait pas fait, et la mort du roi, qu'il eût voulu sauver.
Danton se garda bien de plaider. Il fit ce qu'on fait en pareil cas quand on veut gagner son procès, qu'on est amoureux et pressé: il se repentit. Il avoua, ce qui était vrai, que les excès de l'anarchie lui étaient chaque jour plus difficiles à supporter, qu'il se sentait déjà bien las de la Révolution, etc.
S'il répugnait tant à la mère, il ne plaisait guère à la fille. Mademoiselle Louise Gély, délicate et jolie personne, élevée dans cette famille bourgeoise de vieille roche, d'honnêtes gens médiocres, était toute dans la tradition de l'ancien régime. Elle éprouvait près de Danton de l'étonnement et un peu de peur, bien plus que d'amour. Cet étrange personnage, tout ensemble lion et homme, lui restait incompréhensible. Il avait beau limer ses dents, accourcir ses griffes, elle n'était nullement rassurée devant ce monstre sublime.
Le monstre était pourtant bon homme, mais tout ce qu'il avait de grand tournait contre lui. Ce mystère d'énergie sauvage, cette poétique laideur illuminée d'éclairs, cette force du puissant mâle d'où jaillissait, un flot vivant d'idées, de paroles éternelles, tout cela intimidait, peut-être serrait le cœur de l'enfant.
La famille crut l'arrêter court en lui présentant un obstacle qu'elle croyait insurmontable, la nécessité de se soumettre aux cérémonies catholiques. Tout le monde savait que Danton, le vrai fils de Diderot, ne voyait que superstition dans le christianisme et n'adorait que la Nature.
Mais pour cela justement, ce fils, ce serf de la Nature, obéit sans difficulté. Quelque autel, ou quelque idole qu'on lui présentât, il y courut, il y jura... Telle était la tyrannie de son aveugle désir. La nature était complice; elle déployait tout à coup toutes ses énergies contenues; le printemps, un peu retardé, éclatait en été brûlant; c'était l'éruption des roses. Il n'y eut jamais un tel contraste d'une si triomphante saison et d'une situation si trouble. Dans l'abattement moral, pesait d'autant plus la puissance d'une température ardente, exigeante, passionnée. Danton, sous cette impulsion, ne livra pas de grands combats quand on lui dit que c'était d'un prêtre réfractaire qu'il fallait avoir la bénédiction. Il aurait passé dans la flamme. Ce prêtre enfin, dans son grenier, consciencieux et fanatique, ne tint pas quitte Danton pour un billet acheté. Il fallut, dit-on, qu'il s'agenouillât, simulât la confession, profanant dans un seul acte deux religions à la fois: la nôtre et celle du passé.
Où donc était-il, cet autel consacré par nos Assemblées à la religion de la Loi, sur les ruines du vieil autel de l'arbitraire et de la Grâce? Où était-il, l'autel de la Révolution, où le bon Camille, l'ami de Danton, avait porté son nouveau-né, donnant le premier l'exemple aux générations à venir?
Ceux qui connaissent les portraits de Danton, spécialement les esquisses qu'en surprit David dans les nuits de la Convention, n'ignorent pas comment l'homme peut descendre du lion au taureau, que dis-je? tomber au sanglier, type sombre, abaissé, désolant de sensualité sauvage.
Voilà une force nouvelle qui va régner toute-puissante dans la sanguinaire époque que nous devons raconter; force molle, force terrible, qui dissout, brise en dessous le nerf de la Révolution. Sous l'apparente austérité des mœurs républicaines, parmi la terreur et les tragédies de l'échafaud, la femme et l'amour physique sont les rois de 93.
On y voit des condamnés qui s'en vont sur la charrette, insouciants, la rose à la bouche. C'est la vraie image du temps. Elles mènent l'homme à la mort, ces roses sanglantes.
Danton, mené, traîné ainsi, l'avouait avec une naïveté cynique et douloureuse dont il faut bien modifier l'expression. On l'accusait de conspirer. «Moi! dit-il, c'est impossible!... Que voulez-vous que fasse un homme qui, chaque nuit, s'acharne à l'amour?»
Dans des chants mélancoliques qu'on répète encore, Fabre d'Églantine et d'autres ont laissé la Marseillaise des voluptés funèbres, chantée bien des fois aux prisons, au tribunal même, jusqu'au pied de l'échafaud. L'Amour, en 93, parut, ce qu'il est, le frère de la Mort.


sabato 8 novembre 2014

Wu Ming, Danton alla resa dei conti

Wu Ming
L'armata dei sonnambuli
Einaudi, Torino 2014
Atto terzo, scena quarta, Primavera, § 34, pp. 547-48



Hanno accusato Hébert di aver incitato il popolo a rovesciare la Convenzione, e buona notte all'orchestrina.
J.-L. David, Desmoulins con moglie e figlio

Fatto fuori lui, pareva che la battaglia l'avevano vinta Giorgiacco Danton, il patrono dei bottegai, e l'amico suo fedele Camillo Desmoulins.
Invece fa tempo appena a passare una decade, ed ecco che Danton è sotto processo, Saint-Just lo accusa e Robespierre si domanda se la Francia sarà bastante coraggiosa da abbattere un vecchio idolo, ché oramai dentro è tutto marcio e verminoso.
Anche lui lo tirano in mezzo a una faccenda di quattrini, dicono che ha preso i quibus della Compagnia delle Indie e pure quelli di Luigino e degli Orléans. Ma a buon gatto, buon ratto: con la sua parlantina da legale, Danton restituisce colpo su colpo, pare un lottatore alla barriera dei combattimenti.
E va bene che i vermi e il marcio cominciavano a puzzare anche da fuori, va bene che Danton voleva far la pace con l'aristocrazia, ma per i noialtri di allora era pur sempre l'eroe del 10 agosto. Lascia stare che adesso dicono che lui manco c'era per strada, il 10 agosto. Non è una questione di giorni. La questione è che Danton significava la Repubblica, e a vederlo col collare Corday faceva davvero una brutta impressione.
Wille, Danton verso la ghigliottina
Eppure, anche lì, nessuno s'è mosso. Il giorno dopo siamo tornati in fila dal macellaio, a dirci che oramai quel rotolare di teste ci aveva dato l'abitudine, e per farci venire la bocca tonda e il brivido giù per la schiena ci voleva qualcosa di più grosso, qualcosa di enormissimo, tipo che pisciassero sulla tomba di Marat, o tagliassero la zucca a Robespierre.







Si veda inoltre http://www.doppiozero.com/materiali/interviste/wu-ming-sopravvivere-alla-controrivoluzione

Saint-Just




Sei mesi dopo l’uscita in libreria, L’Armata dei Sonnambuli è arrivato alla quinta edizione, per una tiratura complessiva di 65.000 copie. http://www.wumingfoundation.com/giap/?cat=1944


martedì 4 novembre 2014

Mona Ozouf, Danton: un ritratto in chiaroscuro

Mona Ozouf
Danton 
Dizionario critico della Rivoluzione francese, Bompiani, Milano 1988, pp. 216-17




























Danton, come Robespierre e Marat, è una creazione della rivoluzione. Egli sorge dall'immenso avvenimento senza alcun preavviso. Malgrado gli sforzi dei suoi biografi per cercare nella sua giovinezza dei segni premonitori, si fa fatica a scorgere nel giovane Danton dei loro ritratti un personaggio già calamitato verso la futura rivoluzione. Era nato ad Arcis-sur-Aube nel 1759, in un ambiente di piccola borghesia di toga, uscita solo di recente dalla classe contadina. Aveva compiuto studi irregolari presso gli oratoriani, era diventato praticante nell'ufficio di un procuratore a Parigi, poi avvocato. Alla vigilia della rivoluzione è un avvocato modesto, meno miserabile di quanto abbiano detto i suoi avversari (per meglio valorizzare il carattere improvviso e sconveniente della sua fortuna), ma meno florido di quanto affermino i suoi seguaci. Senza dubbio aveva l'Encyclopédie nella sua biblioteca, fra Plutarco e Beccaria, ma tale possesso, allora quasi obbligato, non può far concludere che si nutrisse di Diderot. Nella sua prima causa aveva dovuto difendere un pastore contro un nobile, ma a quale avvocato illuminato non era capitato di trattare, a quei tempi, questo magnifico soggetto? Nulla di tutto ciò basta a spiegare un impegno rivoluzionario.
Madame Roland, che lo odiava, ha visto giusto dicendo che egli "era nato nella sua sezione". Ciò è confermato da una testimonianza di Laveaux, il quale scoprì con stupore, il 23 luglio 1789, il suo collega Danton, fino allora "mite, modesto e silenzioso", in piedi su un tavolo, intento a sobillare i cittadini. Tale è l'ingresso di Danton nella vita pubblica: egli appare sulla scena della rivoluzione come agitatore di piazza. Ed è sempre come agitatore che compie il suo apprendistato rivoluzionario a capo dei cordiglieri, il distretto del suo quartiere. Questo distretto d'avanguardia si batte, per tutto il 1790, contro il "dispotismo municipale" e contro Bailly, l'uomo della Pallacorda. Una guerriglia incessante, che procurerà a Danton, eletto e rieletto presidente del distretto, un mandato d'arresto, e che gli permetterà di mettere a punto un talento oratorio il cui effetto, come ebbe a scrivere Thibaudeau, era prodigioso. Al tempo stesso aumenta la sua reputazione di tribuno di quartiere, di Mirabeau da strada.
Infatti Danton, come Mirabeau, è un "tipo", un personaggio profondamente teatrale. Per le sue proporzioni: "Atlante", "Ercole", "Ciclope", i contemporanei non hanno saputo come rendere le "forme atletiche" di cui, un po' fanfarone, egli diceva di esser stato provvisto dalla natura. Per l'unione di tratti contraddittori: un viso “ripugnante e atroce” con un'aria di grande giovialità”, massacratore senza ferocia, gaudente senza avidità, terrorista senza principi, parvenu senza avarizia, pigro frenetico, tenero colosso, Danton ha avuto sempre la capacità dì ispirare il ritratto antitetico. Infine, per le crisi drammatiche della rivoluzione, da cui non può separarsi; perché, a questa "natura", la rivoluzione darà qualcosa di più di un impiego: un'identità.
Come Robespierre, infatti, Danton ha ricevuto in sorte il potere di incarnare la rivoluzione. Intorno alla sua persona si è formata ben presto una leggenda, si è scatenata una polemica ideologica e politica, si è riunita una schiera di dantonisti militanti, impegnati nell'immensa revisione del processo fatto a Danton da Saint-Just e Robespierre.

Un processo in cui era stata emessa una sentenza, ma non pronunciata un’arringa di difesa: tanto che l'arringa postuma creata per Danton dai suoi seguaci è, inscindibilmente, una requisitoria contro coloro che avevano macchinato la sua rovina, e diventa un giudizio comparato di Robespierre e di Danton. Il parallelo fra i due uomini, topos della storiografia rivoluzionaria, è stato tracciato cento volte. Si è contrapposto Robespierre a Danton come la virtù al vizio, l'incorruttibilità alla venalità, la laboriosità all'indolenza, la fede al cinismo: è la versione dei robespierristi o, come dice Michelet, dei "cattolico-robespierristi", felici "di 'settembrizzare' la memoria degli increduli". Ma si possono anche contrapporre i due uomini come il malaticcio al vigoroso, il sospettoso al generoso, il femminile al maschile — o meglio al maschio — l'astratto al concreto, lo scritto all'orale, il sistema morto alla viva improvvisazione: ed eccoci, questa volta, in pieno dantonismo.


L'arringa postuma

Non ci sarebbe stata alcuna Rivoluzione. Senza di me. Non ci sarebbe la Repubblica. Senza di me.
No, non mi trascinerete verso la morte, io sono vivo.
Per sempre!
Il mondo ci osserverà e si chiederà che genere di uomini noi fossimo.
Non lasciamo dire che non eravamo migliori di quelli che abbiamo cacciato.
Siamo tutti condannati a morire.
Conosco questa Corte, sono stato io a crearla e di questo chiedo perdono a Dio e agli uomini.
In origine doveva essere non il flagello dell'umanità, ma un bastione, un'ultima istanza contro lo scatenamento dei furori della brutalità e della paura.
Invece è diventato l'assassinio delle coscienze.
E quelli che ci giudicheranno più tardi, vedo che io, Danton, non volevo questo.
Se parlo oggi è per difendere ciò che abbiamo realizzato, è per tutto ciò a cui siamo arrivati, non per salvare la mia vita.
Abbiamo rotto la tirannia dei privilegi, abbiamo ucciso il verme nel frutto, abolendo quei poteri ai quali nessun uomo poteva aver diritto.
Abbiamo posto fine al monopolio della nascita e della fortuna, e questo in tutte le grandi cariche dello Stato: nelle nostre chiese, nelle nostre forze armate, questo vasto complesso di arterie e vene che sostiene questo magnifico corpo della Francia.
Abbiamo dichiarato che l'uomo più umile in questo paese è ora alla pari con il più grande.
E questa libertà conquistata per noi stessi, l'abbiamo offerta agli schiavi, e affidiamo al mondo la missione di costruire il futuro sulla speranza che abbiamo promosso.
Questo è più di una vittoria in battaglia, più di spade e armi da fuoco e di tutti gli squadroni di cavalleria d'Europa, e l'ispirazione, questo animo per tutti gli uomini, ovunque, in ogni luogo, questo appetito, questa sete, nessuno sarà mai in grado di soffocare.
Le nostre vite non sono state vissute invano.



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Il n'y aurait pas eu de Révolution. Sans moi.
Il n'y aurait pas eu de République. Sans moi.
Non, vous ne me traînerez pas vers la mort, je suis vivant !
A jamais !
Le monde nous regardera et se demandera quel genre d'hommes nous étions.
Ne laissons pas dire que nous n'étions pas meilleurs que ceux que nous avons chassés.
Nous sommes tous condamnés à mourir.
Je connais cette Cour, c'est moi qui l'ai créée, et j'en demande pardon à Dieu et aux hommes.
A l'origine, elle devait être, non pas le fléau de l'humanité, mais un rempart, une dernière instance contre le déchaînement des fureurs de la brutalité et de la peur.
Au lieu de cela, c'est devenu l'assassinat des consciences.
Et ceux qui plus tard nous jugeront, verront bien que moi, Danton, je n'ai pas voulu cela.
Si je parle aujourd'hui, c'est pour défendre ce que nous avons réalisé, c'est pour tout ce que nous avons atteint, et non pour sauver ma vie.
Nous avons brisé la tyrannie des privilèges, nous avons tué le ver dans le fruit, en abolissant ces pouvoirs auxquels n'avait droit aucun homme.
Nous avons mis fin au monopole de la naissance et de la fortune, et cela dans tous ces grands offices de l'État : dans nos églises, dans nos armées, dans ce vaste complexe d'artères et de veines qui fait vivre ce corps magnifique de la France.
Nous avons déclaré que l'homme le plus humble de ce pays est désormais l'égal des plus grands.
Et cette liberté acquise pour nous-mêmes, nous l'avons offerte aux esclaves, et nous confions au monde la mission de bâtir l'avenir sur l'espoir que nous avons fait naître.
Ceci, c'est plus qu'une victoire dans une bataille, plus que les épées et les canons et tous les escadrons de cavalerie de l'Europe, et cette inspiration, ce souffle pour tous les hommes, partout, en tout lieu, cet appétit, cette soif, jamais on ne pourra l'étouffer.
Nos vies n'auront pas été vécues en vain.
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